Blogues voyages4 mars 2010
Mon premier Grand TourOn n’oublie jamais sa première fois. Le temps passe, le souvenir ne s’efface pas.
Prenez mon premier Grand Tour. Avant de me lancer, je me souviens avoir traversé une longue période « J’y vais, j’y vais pas . » Remarquez, je ne devais pas être le premier à hésiter avant de plonger. De l’extérieur, comment dire, cela me paraissait probablement trop beau pour être vrai. Je voulais bien être porté par l’énergie de deux mille cyclistes, mais je n’avais pas forcément envie de passer une semaine entière avec deux mille personnes grimpées sur ma selle. Quand on ne sait pas, c’est comme ça, on se raconte des histoires.
La première fois, donc, je m’en souviens très bien. Peut-être justement parce que je cherchais mes marques, j’ai mis beaucoup de temps à observer le Grand Toureur. Là, je dois dire, j’ai été épaté. Épaté par tous ces inconnus qui encourageaient et applaudissaient ceux qui fournissaient un effort supplémentaire pour se hisser au sommet d’une côte. Par toutes ces voix amicales qui faisaient remarquer à un cycliste tête-en-l’air, moi par exemple, qu’il serait grand temps de changer de plateau. Par tous ces mécanos en herbe qui se portaient au secours d’une crevaison. Par tous ces photographes amateurs branchés sur l’instant présent qui immortalisaient un moment de rien du tout. Par tous ces brûleurs de calories qui dévalisaient un dépanneur sans laisser au caissier le temps de se demander s’il avait bel et bien vu défiler 762 paires de cuissards en moins de deux heures. Par tous ces bons vivants qui se lançaient sur le 5 à 7 quotidien avec l’enthousiasme d’une caravane du désert qui viendrait de découvrir un oasis jusque-là inconnu des cartographes. Par tous ces cyclistes solidaires qui faisaient un accueil chaleureux aux derniers de la troupe lorsqu’ils arrivaient au village avec le balai à la tombée du jour.
Que dire encore des philosophes sur deux roues qui ne bronchaient pas quand il tombait quelques gouttes. Moi, par contre…
Pour être tout à fait honnête, sans quoi le tableau ne serait pas complet, je me suis aussi beaucoup amusé à observer les cyclos-pressés, le regard constamment rivé sur leur odomètre, toujours soucieux de préserver leur moyenne. Pour ma part, je préfère admirer le paysage. Chacun son truc.
Ce premier Grand Tour, donc, se démarque encore aujourd’hui de ceux qui l’ont suivi. Peut-être parce que je l’ai partagé avec un ado. Jonathan, treize ans. Le plus jeune participant cette année-là. Une expérience, comme on dit quand on ne veut pas en dire davantage... À cet âge-là, on ne se demande pas s’il aura l’énergie nécessaire pour rouler les cent kilomètres prévus au parcours. On se demande plutôt s’il saura s’arrêter pour souffler un peu quand il sera au bord de l’épuisement. Un matin, bien que très occupé à engouffrer son déjeuner (appelons ça la croissance), l’ado en apparence très au-dessus de ses affaires a jeté un œil sur le Déchaîné, le quotidien du Grand Tour. On y écrivait que les aînés du Grand Tour, Jérôme et Georgette, avaient plus de 70 ans. 75 et 76 ans, je crois, ou dans ces eaux-là. Jonathan a rapidement fait le calcul (c’est une de ses forces). Ces deux cyclistes étaient plus âgés que ses grands-parents! Beaucoup plus. Et ils roulaient toujours! À partir de ce moment, il n’a eu qu’un but : les trouver, les voir, les toucher. Il fallait voir sa fierté quand il m’a annoncé qu’il s’était fait photographier avec le duo de choc. Dix ans ont passé et c’est ce qui lui revient à l’esprit quand il évoque le Grand Tour. Ça et les déjeuners..
Et moi, là-dedans? Quelques années plus tard, j’ai refait le Grand Tour et je suis passé à la rédaction du Déchaîné en me disant que peut-être un matin quelqu’un... Mais ça, déjà, c’est une autre histoire…
Michel Coulombe
Roulez avec nous au Grand Tour, du 8 au 13 août 2010.
Réservez »»
C O M M E N T A I R E S
4 avril 2010 - 07 h 32 - par Luce Robichaud
Très belle histoire..... ça me rappèle un peu la mienne a la Petite Aventure, ma fille 6-7 ans, sur a Trail-a bike. Elle venait de terminer sa chimiothérapie et tout ce qui termine par ... thérapie. Un voyage de rêve pour elle et une liberté enfin loin des hopitaux... maintenant elle a 20 ans et nous continuons La Petite Aventure et c’est elle qui le demande.....Encore cette année, nous ferons partie de la fête...
9 avril 2010 - 21 h 23 - par steve
Je suis en haut du rang 10, j’arrête là chaque fois pour la vue sur la vallée et les vallons. Mais ce matin la lumière oblique n’est pas ce qui attire mon attention. Tout en bas, sur le chemin Gosford, un important cortège de cyclistes chemine vers St-Jean-de Brébeuf. Jamais le cortège ne prendra fin. Je m’étonne moi qui n’ai JAMAIS croisé de vélo en ce paradis qui est mon quotidien. Sans m’en rendre compte je vais vers eux. Je stope mon MTB à la croisé du chemin de gravier et du bitune. Puis, je pédale avec eux. Je sais la côte des boeufs toute proche (17%). Je suis curiex de voir comment ils s’en sortiront.
Un jour je me joindrai vraiment à vous.
24 avril 2010 - 02 h 25 - par vincent
bonjour, j’aimerais bien savoir où et combien votre voyage à vélo vous à couter.
je suis intéressé, et comment fais-je pour essayer de me trouver du monde à faire du vélo.
vincent
Pour avoir des informations consulter notre page sur le Grand Tour 2010. Cet événement est l'endroit idéal pour rencontrer des personnes qui ont la passion du vélo.
27 avril 2010 - 09 h 26 - par Pierre-Paul
Bonjour,
Félicitations pour le récit de cette belle aventure. Ça donne le goût d’y participer. Et je crois que Jonathan est un privilégié d’avoir, à 13 ans, réussi un tel exploit. Un tremplin pour le reste de sa vie.
Pierre-Paul
27 avril 2010 - 19 h 38 - par Andrée Joyal
J’y vais, j’y vais pas Voilà bien ce que je me dis depuis quatre ans déjà. Avec un conjoint qui est un véritable athlète, ça met un peu de pression. M’étant offert un beau cadeau d’un bon vélo léger l’an dernier, combiné à ma détermination à perdre un bon 13 kilos, j’ai découvert un réel plaisir à rouler. Avec le superbe printemps hâtif que nous vivons, la saison de vélo étant bien amorcée,cette année ça y est; j’y vais!
J’ai hâte de connaître cette belle énergie et je vais laisser mon chum à ses performances...
Andrée
28 avril 2010 - 13 h 31 - par Mélanie
Un premier grand tour ne s’oubliera jamais , le mien fut l’an passé et que dire de la température que nous avons eu ?! Du soleil mur à mur... au grand jamais je n’aurais pensé que je le ferais! Nouvellement en couple avec un homme mordu du vélo il a su me donner une partie de sa passion et m’y donner goût. L’an passée je me suis blessée à un genoux faute d’un mauvais ajustement de mes SPD au total je n’aurai fait que 300km... sauf qu’avec ma tête dure je me souviendrai encore de la dernière journée avec mon conjoint le nez collé à son derrière roulant 35km/h sur le bord du fleuve avec l’odeur de l’eau et son paysage extraordinaire et fesant partie des derniers cyclistes à rentrer à Matane ... et tous ces encouragements... j’aurai fait 300 km avec un genoux capoutte mais satisfaire de moi-même et émerveillé de ce que j’ai vu... Cette année je m’en promet un complet et cette fois en bonne shape!Avec une banque de souvenirs no limits!
Meilleur conseil : plongez dans l’expérience du grand tour , faite le à votre rythme! Car les paysages vous feront oublier votre peur de ne pas être capable de réussir à franchir tous ces km en vélo ! :)
29 avril 2010 - 14 h 34 - par Solange
J’ai eu la chance de faire le Grand Tour en 2005 et en 2007. Quelle belle aventure! Je n’oublierai jamais ces beaux moments. Le moment le plus exaltant que j’ai vécu: la montée de la côte à Baie St-Paul, 22 kilomètres de montée. Je ne pensais jamais pouvoir le faire et j’y ai pensé des jours à l’avance, cette côte étant pour moi un obstacle insurmontable. Je l’ai fait. Arrivée au somment, j’ai vécu un moment de satisfaction que je garderai toujours dans mes souvenirs.
Il y a au Grand Tour une énergie qui nous permet de se surpasser. Il y a aussi beaucoup de camaraderie, de l’entraide, du plaisir, de la bonne bouffe, des beaux spectacles et 2000 visages radieux. Mais ce qu’il y a de plus remarquable est que chaque cycliste va à son rythme et chacun le fait à sa propre façon.
J’espère avoir la chance de vivre de nouveau cette expérience enrichissante et combien valorisante. Bravo à tous les organisateurs. Votre recette est gagnante!
30 avril 2010 - 22 h 20 - par Jo lesage
Et si je faisais ça seul ?
Qu’en dites-vous ?
L’ermite.
15 mai 2010 - 21 h 13 - par une bigoudix...
Eh, l’ermite, au Grand tour, tu n’es jamais seul. J’en ai fait 10 et il y a une année où je me suis inscrite sans connaître qui que ce soit. ce fut l’un de mes plus l’fun car je n’avais pas le choix de me mêler aux autres. Après 8 ans, nous communiquons toujours ensemble. Les cyclistes, ce sont des gens sociaux, ouverts, accueillants et, surtout, inspirants. Cet été, j’aurai 50ans et mon chum et moi nous nous étions promis une aventure en Europe. Nous partirons donc pour Bretagne Normandie du 1er au 16 août. J’ai hâte, c’est certain, mais j’ai un regret: je vais manquer le GT . Alors, si tu aimes le vélo, n’hésites surtout pas, je connais personne qui a regretté.
17 mai 2010 - 09 h 41 - par Jo
Je l’ai toujours fait seule. Il ne faut pas craindre la proximité par contre car on est tout de même une grosse gang de 2000 (le ronfleur dans la tente d’à côté, par exemple...:))
Et le soir, si le party et la bière ne vous intéresse pas, il y a des films (excellent choix de cinéma de répertoire dans une salle et dans une autre, des blockbusters)
1 juin 2010 - 22 h 17 - par André
Ca me rappel lorsque j’avais 8 ou 9 ans, avec mon père nous avont fait Ste-Julie (rive-sud de Mtl) jusqu’à dépassé Granby en vélo. Une journée que je me souviens encore à 34 ans. Ca donne vraiment le goût de participer à votre aventure. Pour l’instant, je me contente d’aller au boulot avec mon vélo (32km/jour). Faut dire que c’est tout de même très agréable puisque je part de Lachine et vais jusque dans le Vieux-Montréal via la piste cyclable tout le long du canal. Je dois d’ailleur me procurer un nouveau vélo...
André
10 juin 2010 - 10 h 41 - par Denise Fillion
J’ai toujours aimé le sport et le plein-air et tous les défis en général. Le fait d’avoir eu des enfants m’a incité à leur transmettre ces passions dont celle de faire du vélo. La première Petite Aventure de mon garçon alors âgé de 6 ans restera à jamais marquée dans ma mémoire. Ça se passait dans la région de Drummondville et il y avait quelques côtes. Je traînais Félix par une tige ce qui permettait de le détacher à sa guise. Comme il était lourd, un gentil encadreur m’a aidé à deux reprises à fixer la tige à son vélo. À peine venait-il de l’ajuster pour une seconde fois que Félix demande de le détacher. Félix n’était pas aussitôt détaché qu’il s’élance à toute allure dans une côte descendante. Bouche bée, l’encadreur et moi l’avons regardé dévalé la pente la tête penchée sur son guidon tout en remarquant avec effroi un groupe de cyclistes arrêtés au bas de ladite côte. À la toute dernière seconde, Félix a levé la tête, a donné un coup de guidon, a contourné le groupe tout en les regardant par-dessus son épaule, dans un mouvement digne du meilleur cascadeur cycliste, sans s’émouvoir un instant et surtout sans voir le soulagement dans nos visages. Le gentil encadreur avait eu le temps de faire le décompte mentalement des blessés à ramasser! Aujourd’hui, Félix a 13 ans et il a fait, dimanche passé, le Tour de l’Île avec moi: il l’a complété sans se plaindre malgré la pluie et le froid. Sa mère était bien fière de lui!
24 juin 2010 - 16 h 23 - par Bernard Hamel
WOW! Michel quelle histoire, moi ce sera mon premier Grand Tour en 2010 et suis anxieux d’y participer, évidemment pédaler près de 100km par jour sera un bon défi, mon beau père a fait Vancouver-Montréal à 72 ans, alors je me suis dis que je serai surement capable de relever ce défi..
Bernard
3 août 2010 - 08 h 24 - par Jos
J’ai participé au week-end du Grand Tour pour la première fois l’an dernier et cet été,je me suis inscrite pour la semaine. Je suis inquiète devant le graphique des dénivelés de certaines journées, mais je me rappelle: Regarde seulement devant ta roue et profite du moment présent. Avec cette attitude je grimperai toutes les côtes et s’il fallait mettre le pied à terre, je le mettrai tout simplement... Bon Grand Tour à tous!