Blogues voyages26 août 2010 • Guy Thibault
Méthodes d'entraînementS’améliorer à vélo est fort simple. Il s’agit de développer son aptitude aérobie en faisant régulièrement des sorties qui font travailler le système cardiorespiratoire – cœur, poumons, circulation sanguine, cellules musculaires, etc.
Mais toutes les séances d’entraînement à vélo n’ont pas nécessairement le même effet. Elles se divisent principalement en deux types : les séances de type continu et les séances intermittentes (ou séances d’entraînement par intervalles : EPI).
L’entraînement continu, où l’intensité de pédalage varie peu, est facile à exécuter, d’où sa très (trop) grande popularité, surtout chez les cyclistes qui cherchent à épater la galerie en affichant un impressionnant kilométrage à l’odomètre. S’il constitue une méthode de choix pour la récupération active entre les séances plus ardues, l’entraînement continu est généralement peu intense et a donc un effet bien moins marqué sur l’aptitude aérobie que son contraire, l’entraînement par intervalles (EPI).
L’EPI, où l’on fait alterner de façon systématique des périodes d’intensité élevée avec des périodes de récupération, permet de cumuler un plus grand volume d’exercice à intensité élevée que l’entraînement continu. Il en existe plusieurs formes, les deux principales étant les suivantes.
• le fartlek (mot suédois signifiant « jeu de vitesse »), où l’on varie l’intensité selon son bon vouloir ou selon la pente du parcours ou le vent;
• l’EPI classique, où les fractions d’effort (les répétitions) sont divisées en séries et entrecoupées d’une période de récupération (active ou passive) courte entre les répétitions et longe entre les séries; ex. 3 séries de 5 fractions d’effort de 1 min avec des périodes de récupération active de 2 min entre les répétitions et de 5 min entre les séries.
Il existe aussi des formules plus complexes d’EPI; il en sera question dans une prochaine capsule.
Les fameux 15-15 et 30-30
Deux formules d’EPI classique sont réputées pour donner de très bons résultats, d’où leur très grande popularité : le 15-15 et le 30-30.
La formule 15-15 consiste à faire des fractions d’effort de 15 secondes entrecoupées de périodes de récupération active (pédaler sans forcer) également de 15 secondes (ex. 3 à 5 séries de 5 à 10 fois 15-15 secondes, avec 5 min de récupération active entre les séries).
5 août 2010 • Michel Coulombe
Cuba : vélo russeQuand on me demande d’évoquer le souvenir d’un voyage, je raconte le plus souvent une histoire qui tient dans un mouchoir de poche. Quelques minutes qui me reviennent en mémoire. Rarement beaucoup plus. Un truc de rien. De sorte que je suis toujours étonné d’entendre des voyageurs détailler longuement leur arrivée à l’aéroport, la couleur des murs de leur chambre, ce qu’ils ont mangé au restaurant, etc. J’aurais beau essayer, je n’y arriverais pas.
Ainsi je me souviens très bien de cet après-midi ensoleillé sous le soleil cubain. Je traversais un minuscule village à vélo alors que tout le monde, de toute évidence, faisait la sieste. Toujours prêt à fabuler, je me disais qu’il était, somme toute, assez facile de rouler incognito à Cuba. Il suffisait d’attendre que le soleil soit à son zénith. Quelqu’un savait-il seulement que je passais par là? C’est à ce moment précis qu’a résonné le premier « Hola ». Bien que vissé à ma selle, j’ai dû sursauter. Imperceptiblement, mais quand même. Je suis du genre qui sursaute.
Hola! Il n’y avait, à perte de vue, pas âme qui vive sur cette route de campagne. S’agissait-il d’un coup de chaleur? D’une hallucination auditive? J’aurais pourtant juré qu’un salut avait été formulé haut et fort. J’en étais là dans mes spéculations, en train de m’interroger sur l’identité de la voix inconnue, celle d’une femme, quand un nouveau « Hola! » s’est fait entendre à ma gauche, suivi d’un autre à ma droite. Ça ne pouvait tout de même pas être l’écho. Tous ces bonjours anonymes m’étaient adressés. Ils venaient de gens que je ne connaissais pas. Que je ne voyais pas. Dont je traversais le village sur un vélo qui, à ce moment précis, me paraissait beaucoup trop luxueux. Néanmoins, on me disait bonjour.
Tant pis si je vous parais exagérément sentimental, mais la gentillesse inattendue de ces étrangers m’a touché. Toutes ces voix me souhaitaient la bienvenue. J’ai donc quitté ce village de rien du tout, le cœur léger, en distribuant à mon tour des « Hola! » à la volée, trop heureux de constater que chacun d’entre eux me revenait, tel un boomerang. Sympathique échange de politesses avec des Cubains invisibles, au frais derrière les fenêtres closes de leur maison. Quelqu’un qui m’aurait observé se serait certainement posé des questions sur ma santé mentale. Qu’importe. J’étais à Cuba. À vélo. Et je peux dire qu’à ce moment précis, j’étais heureux. On ne doit jamais oublier les moments où l’on a été heureux.
Vous me direz que c’est un peu court. Qu’il y a certainement autre chose à dire sur ce voyage à Cuba. Tout plein d’autres choses. Après tout, la traversée de ce village n’a probablement duré que trois ou quatre minutes. Vous avez raison. Mais voilà, moi, c’est de cet instant précis dont j’aime me souvenir. Ce moment sans importance résume bien le plaisir que je prends à voyager à vélo. En voiture, ce jour-là, il ne se serait rien produit.
À partir de ce moment, jusqu’à la fin du voyage, chaque fois que j’ai aperçu un cycliste cubain sur la route, l’air de rien, j’ai ralenti. Lorsque la grosse bicyclette arrivait à ma hauteur, je savais que pour celui qui venait de me rattraper, le souffle court, la tête dans le guidon, c’était jour de fête. Là, sur quelques dizaines de mètres, parfois un peu plus, il pouvait engager une conversation avec un étranger. Un échange anodin, certes -nous ne parlions ni de Fidel ni de George W.-, mais personne ne nous entendait.
Presque invariablement, on finissait par me demander si j’étais russe. Peut-être ai-je la tête d’un espion soviétique quand j’aperçois une bécane (aussi vieille que les voitures de la fin des années 50 qui survivent au temps sur les routes de Cuba) se hisser jusqu’à moi. Moi et mon chic vélo carbone. Chaque fois, mon interlocuteur pédalait à plein mollets pour tenir la vitesse pendant que moi je ralentissais de mon mieux pour ne pas le distancer. L’un et l’autre soucieux que l’effort fourni ne paraisse pas. Leçon de savoir-vivre sur deux roues.
Je pourrais évoquer l’architecture de La Havane, la splendeur des couchers de soleil sur les Mogotes, la surprise de découvrir une piscine olympique longtemps fréquentée par les athlètes des pays de l’Est dans la cour d’un motel, la fraîcheur des mojitos, les routes saturées d’huile à moteur ou les longues conversations avec un guide dont l’érudition permettait d’aborder aussi bien l’histoire que la botanique. Mais ce qui me reste de Cuba ce sont ces petits instants volés. Un fruit partagé avec une inconnue qui m’ouvre sa porte. Une demande en mariage aussi absurde qu’inattendue. Un « Hola » bienveillant qui me revient chaque fois que j’aperçois une maison aux volets clos.
Roulez à Cuba avec nous, circuit Oriente, du 13 au 20 novembre 2010.
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15 juillet 2010 • Michel Coulombe
Maroc:
dessine-moi un vélo
La scène se passe quelque part dans l’Atlas. Ou est-ce plutôt l’anti-Atlas? Autant l’avouer, ce jour-là je me souciais bien peu de géographie, Alors disons que, c’était en montagne. Au Maroc. J’étais à vélo. Au bout d’une montée bien musclée, la chaîne de ma bicyclette s’est cassée. Lâchement. Certainement par ma faute. Je me retrouve donc à l’entrée d’un minuscule village, un hameau, en train de contempler mon dérive chaîne, tout penaud, comme s’il s’agissait d’une œuvre abstraite. On peut dire, sans m’offenser, que je ne suis pas très ferré en mécanique. En clair, je n’y comprends rien. Je m’y intéresse encore moins. Appelons ça un défaut.
Deux minutes plus tard, pas davantage, un tout jeune garçon, apparemment sorti de nulle part, s’approche prudemment. Comme je ne mords pas, bien que soucieux, il s’enhardit et baragouine quelques mots de français. À ce moment précis, le temps de quelques secondes, face à cet enfant, j’ai eu l’impression de revivre une scène du Petit prince. D’accord, je suis zéro comme mécano, mais j’ai une imagination très fertile… Voilà que j’étais cet homme venu d’ailleurs qui a un problème mécanique. Lui, l’enfant qui l’observe et qui pose de drôles de questions. En fait, je n’aurais pas été étonné, pas le moins du monde, s’il m’avait demandé de lui dessiner un mouton. Ou encore un vélo. Il n’en a pas eu le temps. Tant mieux, j’ai encore moins de talent pour le dessin que pour la mécanique.
Rapidement, des hommes, jeunes ou vieux, sont apparus, tous bien décidés à me rendre service. En moins de temps qu’il n’en faut à un pro pour remettre en place un rivet, on m’avait pris en charge. L’un s’était emparé de la chaîne. Un autre avait rempli un seau d’une eau savonneuse. Deux autres faisaient l’inventaire des outils que possédait celui-ci ou celui-là. Un homme plus âgé, propriétaire de commerces dans la banlieue parisienne, s’est alors approché de moi et m’a dit, sur un ton rassurant : « Ici, vous êtes en sécurité. »
J’aurais dû m’inquiéter de voir ma chaîne bientôt couverte de savon à lessive. À quoi bon. Au contraire, je l’avoue, j’étais ravi. Tant de sollicitude, on a beau dire, ce n’est pas tous les jours. Dans ce village isolé de tout, j’étais l’attraction du jour. Alors je jouais mon rôle de mon mieux. Avec des sourires, quelques « non, non, non » peu convaincus, et un mot d’arabe ici et là. Avec le sentiment que rien ne pouvait m’arriver. Après tout, j’étais en sécurité. C’est en tout cas ce que ce voyage à vélo m’avait enseigné jusque-là.

Depuis notre départ d’Agadir, le passage de notre groupe de cyclistes suscitait, principalement en campagne et en montagne, des réactions multiples et enthousiastes. Bonjours polis des hommes, regards discrets des femmes pour qui, parfois, la vue des jambes d’un homme en cuissards semblait constituer un petit événement. Cris, tope-là et requêtes de toutes sortes de la part des enfants. Klaxons amicaux et appels de phares. À l’occasion, même, un numéro de danse. Quelques notes de musique. Et des mots bienveillants : « Courage, mon ami ! » J’en étais là dans ma rêverie quand Robert, qui roulait un peu derrière moi, est apparu et a pris la situation en main. Le dérive chaîne n’avait aucun secret pour lui. Quelques minutes plus tard, je reprenais donc ma route, salué par tout le village. Du moins par sa moitié masculine. Les femmes, j’en suis convaincu, étaient aux fenêtres et n’avaient d’yeux que pour mes jambes. Je l’ai dit, j’ai beaucoup d’imagination…
Le lendemain, lorsque l’animateur d’une émission de radio du Québec m’a demandé de décrire le paysage qui m’entourait, je lui ai répondu, spontanément, que j’avais l’impression de traverser, à la force du mollet, les pages d’un numéro du National Geographic. Un excellent numéro par ailleurs. Mais comment faire partager le vertige que procurent les interminables descentes sur des routes désertes. Comment faire comprendre à quelqu’un qui est confortablement installé dans son studio qu’il y a un plaisir tout particulier pour le cycliste québécois à doubler des ânes chargés du fruit des récoltes. Comment décrire ces chèvres acrobatiques grimpées dans les arganiers, le désordre d’un troupeau de dromadaires insouciant qui traverse la route, l’affolement ridicule d’une bande de moutons coincés entre les voies d’une autoroute. Comment parler de ce que l’on ressent lorsqu’on pédale, vigoureusement ou nonchalamment, entouré d’orangers, de caroubiers, d’oliviers, de palmiers dattiers, de figuiers de Barbarie et de lauriers roses. Il y a de ces expériences que l’on ne comprend vraiment que si on les a vécues.
Après avoir fait ce voyage, je suis retourné quelques fois au Maroc. « Connaissez-vous le Maroc? », me demandait-on régulièrement. Lorsque je répondais que j’avais roulé d’Agadir à Marrakech, acheté des babouches à Tafraoute et passé des heures au souk de la Place Jamaa el Fna, immanquablement on me regardait d’un œil différent. Vous prendrez bien un thé à la menthe?
Roulez avec nous au
Maroc du 9 au 21 octobre.
Pour voir quelques photos de la destination, visitez la section albums photo de notre rayon des voyageurs.
26 mai 2010 • Michel Coulombe
Champlain, ce grand rouleur
Ce qui est fascinant avec l’Histoire, c’est qu’on a beau lire tout ce qui nous passe sous la main, on ne cesse jamais de faire des découvertes. Prenez Champlain. Samuel de Champlain. Si on vous avait dit, encore hier, qu’il était furieusement vélo, vous auriez eu un petit doute. En tout cas un soupçon. Faut pas charrier aurait murmuré votre petite voix intérieure. Après tout, vous n’êtes pas du genre à vous laisser raconter des sornettes. Et pourtant…

Quand on s’arrête au parcours du prochain Grand Tour, quand on prend bien le temps de l’étudier, il n’est plus possible de douter. Quiconque a roulé le long du lac Champlain en vient d’ailleurs à la même conclusion. Pas de doute, le bonhomme était cycliste. Oui, Samuel roulait. D’accord, le début du 17e siècle, c’était avant les cuissards, les maillots et les pédales spd. Avant les routes et les pistes cyclables. Justement! Le gars n’en avait que plus de mérite! Tenir son guidon d’une main et son arquebuse de l’autre est beaucoup plus difficile qu’il n’y paraît. Que dire du portage…
Avant de s’égarer, revenons au circuit du Grand tour 2010. Il relie le lac Champlain à la vallée du Richelieu. Je ne sais trop comment vous fonctionnez, mais moi, lorsqu’on me présente un parcours sur lequel j’ai roulé, en tout ou en partie, tout plein de souvenirs se bousculent. L’ennui, c’est qu’ils ont parfois bien peu à voir avec le parcours à proprement dit. Je me souviens en vrac de la réparation d’une crevaison, d’un petit resto sympa au bord de la route, de l’endroit où l’on a acheté du miel ou du fromage, d’un fou rire mémorable, ou de ce croisement de routes où l’on a pris à droite quand il fallait tourner à gauche parce qu’on avait confié le plan à quelqu’un qui l’a à peine regardé.

C’est pourquoi j’ai appelé Isabelle. Elle en a de la chance, Isabelle. Des mois avant la horde joyeuse des Grands Toureurs, quand moi je commence à ronger mon frein arrière à l’approche de l’hiver, elle part en repérage. En expédition, aurait dit Champlain. Le parcours du Grand Tour, elle l’a dessiné. Elle le connaît donc par cœur. « Cette année, la beauté du décor sera proportionnelle à l’effort exigé. », dit-elle, enthousiaste. C’est-à-dire? On peut s’attendre, du moins au départ, à un circuit vallonné. Normal, me direz-vous, on est au beau milieu des Adirondacks. Par le fait même, inévitablement, ça vaut le coup d’œil. Les cyclistes longeront des rivières, frôleront le lac Champlain et auront de multiples occasions d’admirer les montagnes. Tout ça sur des routes presque irréprochables. Souvent en empruntant le Bike Route 9. Du bonbon!

Allez savoir pourquoi, à ce moment de ma conversation avec Isabelle, je me suis inquiété pour les grimpeurs. En auront-ils pour leur argent? Le parcours sera-t-il à la hauteur de la puissance incontestée de leurs mollets en forme de melons? Isabelle a vite chassé mes inquiétudes. Depuis, je dors beaucoup mieux. Selon elle, le parcours optionnel de la première journée comporterait une montée de neuf kilomètres qu’on ne serait pas près d’oublier. Assez exigeante en-tout-cas pour donner un joli teint à tous les maillots à pois du Grand Tour. Ils me raconteront tout ça autour d’un bon repas.
Parlant de bistrot, j’ai aussi parlé à Alain. Alain est un homme à connaître. C’est lui qui organise les villages du Grand Tour. Quand je l’ai rejoint au téléphone, il était très préoccupé. En fait, il avait un problème sur les bras. Un gros. Dans chacune des localités où s’arrêtera le Grand Tour en août prochain, les gens se montrent gentils. Trop gentils. Ils ne se contentent pas de préparer quelques activités à l’intention des 2000 Grands Toureurs. Non. Ils en planifient beaucoup. Des tas. Tout plein. Ponton, plage, canot, kayak, visites historiques, conférences sur l’histoire. Alouette. La liste n’en finit plus. Inutile de se défiler. Faudra trouver du temps.
Mais à quoi ressembleront les villages du Grand Tour? Là-dessus, Alain ne fait pas de secret. D’après lui, ça commencera sur les chapeaux de roue. Ou sur les pignons, si vous préférez. Le samedi qui précédera le départ à Glens Falls promet d’être inoubliable. Impossible, paraît-il, de ne pas s’y sentir en vacances. Tant pis. Faut ce qu’il faut! La suite serait à l’avenant. Immenses terrains de camping et irréprochables traiteurs. À ce sujet, Alain sait très bien de quoi il parle. Il a goûté. Heureux homme.

Pas de doute, tout cela donne très envie. N’empêche, même si tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil, Alain a bien eu un petit coup de cœur, non? Un de ces moments magiques où l’on ne voudrait pour rien au monde se trouver ailleurs. Sa réponse ne s’est pas fait attendre. En moins de temps qu’il n’en faut à un Grand Toureur pour commander une boisson désaltérante après avoir roulé tout son soûl, il m’a parlé de Bluff Point. L’endroit est situé près de Plattsburgh. Loin des incontournables centres commerciaux où se bousculent les Québécois. La vue qu’on y a sur le lac, les îles, le Vermont y serait absolument inoubliable. Noté. J’apporterai mon appareil photo.

D’accord, on l’a compris, les journées passées à rouler dans l’État de New York vaudront amplement le voyage. Le Québec, où l’on roulera en fin de parcours, ne sera pas en reste. Qui n’a pas rêvé de voir apparaître un bouquet de montgolfières dans le ciel de Saint-Jean au saut du lit (ou au sortir du sac de couchage)? Quelqu’un peut-il me dire si les vélos sont admis dans les nacelles?
Et Samuel de Champlain dans tout ça, me direz-vous? Soyez rassuré, il sera du voyage. Imaginez-vous au coin de Champlain et de Montcalm à Ticonderoga ou au pied du monument qu’on a élevé à sa mémoire à Plattsburgh, 400 ans après son passage. Il y a mieux… La rumeur voudrait que l’un des cyclistes du Grand Tour fasse revivre le fondateur de Québec à l’heure de l’apéro. Perruque, jabot et cuissards, ce sera du plus bel effet. Allez, je mets tout ça dans mon bagage. Sait-on jamais.
P.-S. Je me trompe ou ça sent les vacances?
Roulez avec nous au Grand Tour, du 8 au 13 août 2010.
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12 mai 2010 • Denise Belzil
L’achat d’un vélo : neuf ou usagé ?Après avoir déterminé le type de vélo qui vous convient, il faut regarder la grandeur appropriée à votre morphologie. Si vous mesurez 5’8’’ et que vous avez de longues jambes, votre cadre sera différent de celui d’un autre cycliste de la même taille, mais tout en torse. Vous pourrez bien sûr changer la longueur de la potence et la largeur du guidon, mais vous aurez plus de difficulté avec la position de la selle, très importante puisqu’elle détermine la puissance lors du pédalage. Vous pourrez toujours la faire positionner en boutique et faire changer les composantes, mais gardez en tête que les prix des pièces et le service ne sont pas gratuits. Vous ne pourrez pas non plus laisser vos vieilles pièces en échange!
Je préfère les vélos neufs pour la simple raison que les boutiques vous conseillent pour que vous ayez la position la plus confortable et adaptée à votre morphologie. De plus, vous obtenez la garantie du fabricant, qui inclut parfois une vérification à partir de X kilomètres. Fixez-vous un budget et n’oubliez pas d’y inclure les accessoires (pédales, chaussures, vêtements, porte-bidon, sac sous la selle, odomètre, kit d’entretien de base (pompe, outils, tubes)). Ces éléments sont souvent oubliés lorsque le montant à dépenser pour l’achat d’un vélo est établi.
Les conseils d’expert ont une valeur inestimable. Les spécialistes en boutique vous expliqueront la différence entre les modèles. Dans l’usagé vous ne pourrez pas nécessairement comparer le vélo avec un autre. Lors de l’achat, vous choisirez aussi la couleur que vous aimez. Ça peut sembler anodin, mais c’est comme un vêtement : quand on l’aime, on le porte. Si vous aimez votre vélo, vous en ferez un peu plus, surtout si vous êtes bien positionné. Vous aurez également la possibilité de faire des modifications, par exemple sur la selle ou les pneus. Ceci vous coûtera un peu plus cher, mais au moins vous aurez un vélo à votre goût.
L’achat d’un vélo usagé peut être plus laborieux. Vous devrez faire de la recherche dans Internet, rencontrer les particuliers, voir si le vélo est de la bonne grandeur, si la transmission, le pédalier et les pignons correspondent à vos besoins. Il se pourrait aussi que les pièces soient usées. Cette option peut vous sembler meilleure pour l’achat d’un premier vélo, afin de voir si vous aimez mieux voyager sur vélo de route ou un hybride : à ce compte, louez-en-un!
Sinon, commencez votre recherche en demandant à des amis plus expérimentés de vous aider. Si vous êtes membre d’un club cycliste, affichez une annonce sur le site Internet du club, vous serez surpris du nombre de cyclistes qui renouvellent leur vélo chaque année. Certaines boutiques ont aussi des vélos usagés à offrir aux consommateurs. Ce ne sera peut-être pas autant une affaire qu’en l’achetant du propriétaire initial, mais vous aurez les conseils appropriés et serez certain d’avoir un vélo adapté à vos besoins.
Vous trouverez certainement des vélos très performants à prix dérisoires sur le marché usagé, mais est-ce bien là le type de vélo dont vous avez besoin?
Bon magasinage!
29 avril 2010 • Richard Bélisle
Autriche: Grüss Gott
G R Ü S S G O TT... DU PAYS DE LA MUSIQUE...
Vous serez vraiment étonné(e), de découvrir un parcours plat des plus panoramiques, longeant les rivières Tauern, Salzach et le fleuve Danube, côtoyant les montagnes vertes de forêt et d'alpage, dans un décor féérique teinté de maisons fleuries, tout en suivant les moments de vie de Sissi et les traces du film Sound of Music! Et ce, sur des pistes balisées d'un village à l'autre, sécuritaires, confortables et très bien aménagées.
Que voulez-vous de plus comme contexte romantique?
Vous serez aussi très étonné(e) de m'entendre répéter, quotidiennement, d'arrêter souvent pour contempler, vous émerveiller, et surtout pour vous retourner afin d'apprécier le décor derrière vous! Par conséquent, deux spectacles, deux voyages... pour le prix d'un... Vous y pensez, non?
U N R Ê V E D ' É T É
Oui, oui, vous lisez bien! A Krimml, nous vous montons à 2700 mètres , sur le toit des montagnes pour rouler un 24 kilomètres (aller-retour), en liberté, sur une route de terre dure, vers le glacier en vue. Sur le parcours, vous pourrez admirer le torrent créé par les glaciers, et ce, tout en vous sustentant à l'auberge Krimmler Tauernhaus, vieille de 600 ans.
Vous en aurez le souffle coupé, d'émerveillement... et d'altitude...
Au retour, vous pourrez dormir au SON de la Wasserfäle, chute à trois niveaux, les plus hautes cascades d'Europe.
Déjà, partir de ce paradis pour rejoindre son homologue à Kaprun, c'est lâcher prise à une rêverie d'été pour s'attarder, cette fois, à une rêverie d'hiver.
Oui, oui, vous pourrez laisser le vélo, grimper le Grossglockner en téléphérique et faire du ski!
Je vous le dis, c'est presque irréel...
Skier en juillet? Il faut faire des folies dans la vie, n'est-ce pas?
Le lendemain, vous vous payez une visite "carte postale", trois dimensions, à Zell am See, avec le turquoise et le bleu du lac, le vert des forêts et le blanc des glaciers, et une randonnée de féérie et d'histoire aux grottes de glace (42 kilomètres de galerie) et à la forteresse Hohenwerfen, à Werfen.
Et la féérie continue...
G R Ü S S G O T T DE LA RÉGION DU SEL!
Vous saviez cela, vous, que Salzburg (bourg du sel), était une région mythique des Celtes, il y a plus de 3500 ans, et que ces derniers exploitaient les mines de sel (l'or de l'époque) de Hallein, Salzburg et Hallstatt?
Aujourd'hui, Salzburg (patrimoine mondial de l'UNESCO) présente au monde entier sa cathédrale, ses basiliques Dominicaine et Franciscaine, ses jardins du château Mirabel, son musée Residenz, son théâtre des Marionnettes, et la maison de Mozart. Hallstatt, site extraordinairement panoramique, nous accueille avec sa mine de sel encore opérationnelle, ses grottes Mammouth et de glace, son musée celte et le sommet "lunaire" du Krippenstein.
Et le plus surprenant... la musique de la nature vous accompagne tout au long de votre cheminement personnel, vous emmitouffle, vous enivre, vous ouvre le coeur à la sérénité, au soleil de la vie!
Et vous aurez eu l'occasion, entre temps, de "vivre Mondsee", lieu de villégiature mondialement reconnu, avec son église baroque (mariage dans Sound of Music), et d'accorder une visite romantique à Sissi, à Bad Ischl, en son Café Zauner et sa villa d'été.
G R Ü S S G O T T DU D A N U B E
Le Danube, "musicalement bleu", vous amènera à vivre "l'instantané", l'émerveillement, l'histoire, en vous faisant valser d'un côté et de l'autre, à travers:
ses villages historiques aux églises baroques, plus belles les unes que les autres;
Melk et son abbaye baroque (patrimoine mondial de l'UNESCO);
les forteresses en ruine, veillant au grain;
la vallée des vins de la Wachau, avec ses Grüner Vetliner, Riesling, alcools aux abricots, et où Richard Coeur de Lion a été emprisonné.
G R Ü S S G O T T... DE W I E N
En conclusion de parcours, ouvrez la porte à la féérie de la vie, au romantisme, à la musique éternelle.
Tout autour de la superbe cathédrale S. Stephan, aux trois nefs, vous serez invité(e) à apprécier les églises baroques, les musées, l'Opéra, les concerts Strauss, la musique de rue, les mimes, l'école des chevaux blancs espagnols, le quartier unique et moderne Unterwasser, les pâtisseries raffinées, le chocolat Sacher, les cafés aux "couleurs" artistique, politique, philosophique... et, un peu plus loin, le château de Schönbrunn, le Prater, la cité de l'ONU, ET ... LES VIENNOISES ATTRAYANTES, LES VIENNOIS RAYONNANTS.
G R Ü S S G O T T d'un coin de paradis... qui nous accompagnera tout au long de notre vie.
Richard Bélisle
Guide, Vélo Québec Voyages
1er avril 2010 • Denise Belzil
Avion et vélo : boîte rigide ou sac malléable?
Vous avez peur d’avoir votre vélo en pièces détachées dans une petite boîte de carton ?
De le retrouver tout égratigné, le cadre plié sous le poids des bagages ? D’avoir des pièces cassées ou endommagées lors du transfert dans un aéroport ? Vous voulez avoir une boîte rigide blindée ? Ça existe, mais où allez-vous la mettre une fois arrivé à destination ? Même si vous faites transporter vos bagages, votre boîte blindée occupera la moitié de la boîte du camion à bagage. Tout un problème de logistique !
Voici quelques petits trucs si vous optez pour la classique boîte de carton. Au printemps, les boutiques reçoivent leurs nouveaux vélos. Leurs boîtes varient en largeur, hauteur et longueur. Certaines compagnies de vélo investissent même dans la qualité des boîtes pour protéger leur « bijou ». Récupérer-les !
Choisissez de préférence une boîte assez grande pour y glisser le vélo avec la roue arrière toujours sur le cadre. Déplacez le dérailleur arrière sur le plus grand pignon, descendez la selle au plus bas pour pouvoir fermer la boîte et ainsi protéger le cadre. La roue avant doit être enlevée. Insérez une entretoise dans la fourche avant ou mettez un moyeu avant pour éviter que la fourche s’écrase. Vous pouvez vous acheter une housse pour protéger la roue avant. Procurez-vous des tubes isolant en mousse de polystyrène conçu pour les tuyaux que vous taillerez pour chacun de vos tubes de cadre et pour vos manivelles. Ces tubes se récupèrent facilement et se glissent aisément dans le fond de votre sac de voyage. Faites de même pour le guidon : enveloppez-le. Entre la roue et le cadre, insérez des feuilles isolantes en mousse de polystyrène. Une fois les pédales retirées, attachez-les ensemble et fixez-les à un endroit comme la cage à bouteille, par exemple. Votre porte-bagage empêchera la boîte de s’écraser latéralement. Profitez-en pour y glisser votre casque, lui-même protégé par des vêtements dont vous n’aurez pas besoin dans l’avion. Rembourrez le fond de la boîte pour qu’elle ne s’écrase pas sous d’autres bagages.
La boîte rigide protège mieux votre vélo; la rigidité du plastique et de l’équipement à l’intérieur l’empêchent de s’affaisser. Insérez les feuilles de mousse de polystyrène souple entre les roues et le cadre ainsi que des sangles pour éviter que le vélo bouge dans la boîte. Mettez aussi des entretoises entre les pattes de fourche, à l’avant comme à l’arrière. Celles-ci sont souvent incluses avec la boîte. Vérifiez bien la dimension de la boîte : elle peut être petite et vous donner du fil à retordre pour y insérer votre vélo!
Il existe également des sacs souples de voyage, mais ceux-ci sont plutôt recommandés pour le transport en auto. J’ai déjà rencontré des voyageurs en avion qui les utilisaient, mais il faut très bien protéger le vélo car rien n’est garanti lors de la manutention des bagages.
Blindé ou bien emballé, pensez à votre destination : qu’allez-vous faire avec votre emballage ? À votre retour, quelles seront les possibilités pour emballer le vélo. Chose certaine, j’achète toujours une roulette de ruban adhésif Duck Tape® avant de partir, au cas où je n’aurais qu’un sac de plastique à mon retour pour emballer mon vélo.
L’idéal serait de glisser le vélo dans un sac de plastique à double parois et de gonfler les parois pour le protéger… À quand le sac Air Solide qui se dégonfle ?
Denise Belzil
16 avril 2010 • Richard Bélisle
Vietnam : en route vers le sud… (2e partie)SAPA - LAI CHAU - DIEN BIEN PHU - SON LA - MOC CHAU
Terrain vallonné, montagneux et plat dans la région de Dien Bien Phu, nous roulons en confort, en humant le parfum des arbres BAN à l'odeur de jasmin, près des maisons dominant les rizières, des communautés Thaï blancs et noirs, et Hmong.
Nous roulons entre 60 et 100 km par jour, en alternance avec le transport en minibus, soit en raison de la construction majeure de la route du nord, soit en raison de la trop grande distance à parcourir. Et nous roulons tôt le matin, à cause du haut taux d'humidité, et ce malgré la température clémente des montagnes.
Court retour à Hanoï et temps précieux pour compléter nos emplettes et nos visites aux Musée des Beaux Arts et d'Ethnographie (un incontournable), au théâtre des Marionnettes sur eau (expression authentique de la culture vietnamienne).
VOYAGE DE VIE : À LA CONQUÊTE DU FANTASTIQUE, DES SITES PMU
Hanoï-Da Nang en avion et Hoi An, la fantastique, en minibus.
Hoi An, ancien port international où marchands et commerçants chinois, japonais et européens résidaient.
COUPE DE COEUR spontané, COUP D'APPARTENANCE irrésistible, Hoi An nous charme par ses maison-tube, ses demeures patriciennes, ses temples chinois, son pont couvert japonais, ses terrasses, son café des amis (avec du Brassens, du Brel...), son marché central, ses boutiques spécialisées et raffinées...
Hoi An, un enchantement, un arrêt dans le temps, une pause où la muse des poètes se fait entendre...
En vélo, entourés de centaines de véhicules, nous roulons, en sérénité, vers My Son, PMU, le plus grand centre religieux du royaume CHAMPA.
Avec peine, nous quittons notre "coup de cœur "pour rouler sur un terrain plat,grimper le col des Nuages et se rendre à Lang Co Beach , étroite péninsule encastrée entre la mer et le lagon.
Soirée et nuit de rêve au bord de la mer, dans un complexe irrésistiblement invitant. Nous nous laissons bercer au son des vagues de la mer.
Le lendemain, départ pour Hué, sur une route superbe, avec deux courts cols, dont celui de l'Éléphant, route longeant des rizières aux canaux d'irrigation sophistiqués, traversant des villages typiques.

Hué capitale intellectuelle et culturelle, où il fait très bon séjourner, aller en vélo, faire du XICH LO (cyclo-pousse) afin de s'imprégner des parfums de la ville.
Et que dire de se laisser séduire par la "poésie des paysages de la rivière des parfums, par le charme indicible des ses palais (la cité impériale), pagodes (surtout celle de la dame céleste) et tombeaux impériaux, son art de vivre, raffiné, la grâce et l'élégance des femmes qui portent , ici plus volontiers, l'Ai Dai et le chapeau conique’’ (Michelin,07-2007, Vietnam, Hué, p.258).
Et quoi de plus "fantasmagorique" et de plus féérique, en conclusion de voyage, que de naviguer dans cette mythique Baie de Ha Long, sculptée de pitons karstiques, un peu fantomatiques, qui semblent flotter sur l'eau tellement la base est grugée par les eaux, et où nous rencontrons des résidents vivant sur des villages flottants.
Au départ de cette baie de rêve, notre cœur y laisse une empreinte; au départ de ce pays de contrastes et de féérie, note esprit y marquera un autre rendez-vous assuré.
Richard Bélisle
Guide, Vélo-Québec Voyages
Roulez avec nous au Vietnam, du 18 septembre au 9 octobre 2010. Réservez
17 mars 2010 • Richard Bélisle
Vietnam : arrivée à Hanoï et découverte du nord
OUVRIR SON COEUR À UNE AUTRE HUMANITÉ
Un voyage en vélo, sûrement, mais surtout un « voyage de vie ».
Le long voyage en avion nous sert de transition de vie, de préparation à une vie nouvelle, d'ouverture d'esprit à une culture surprenante, par son accueil chaleureux, par sa différence, par sa richesse de cœur.
VOYAGE DE VIE : APPRENTISSAGE D'UNE VIE NOUVELLE
Dès notre arrivée à Hanoï, la plus vieille capitale du sud-est asiatique, nous expérimentons la chaleur très humide, la chaleur humaine, « la vie trépidante » harmonieuse...
De l'aéroport à notre hôtel, il faut déjà s'abandonner à un mode de circulation, sans règle définie, où chacune et chacun annonce sa présence, avec un calme assez déconcertant, dans un « brouillon de trafic » indéfinissable.
Hanoï (ville en deçà du fleuve)
Millénaire de par son histoire, elle nous accueille avec une grande fierté et une élégance reconnue.
Nos effets personnels dans nos chambres, il nous faut déjà partir à la conquête du lac Hoan Kiem, au centre de la ville.
En chemin nous apprendrons à traverser la rues avec « cœur en chamade et le sourire figé », à nous familiariser avec les barbiers ayant pignon sur trottoir, avec les dormeurs sur mobylette, attendant leurs clients, avec les demoiselles et les dames vendant nourriture et objets de toute sortes...
Au lac Hoan Kiem, , avec ses flâneurs, ses adeptes du Tai-chi, ses pique-niqueurs, ses coureurs, ses marcheurs, nous nous familiarisons avec l'histoire du « lac de l'épée restituée », visitons le temple de la montagne de jade, avec son pont des Rayons du Soleil Levant, un peu au nord, le fameux marché Dong Xuan, à l'ouest, le Mausolée de Hô Chi Minh, et au retour, le quartier français avec son Opéra, ses édifices d'époque et le prestigieux hôtel Sofitel-Métropole.
VOYAGE DE VIE : À LA DÉCOUVERTE DES MONTAGNES, DES RIZIÈRES EN TERRASSE ET DES TRIBUS LOCALES
Eh! Hop! Dans le train de nuit vers Lao Cai (vieille rue).
A la sortie du train, tôt le matin, nous avons l'impression d'être partie d'un film surréaliste de l'époque d'après guerre, fin des années cinquante: cour de triage et gare typiques.
Normalement, après petit-déjeuner, nous attaquons, en vélo, cette montée de 36 km, jusqu'à Sapa, sur une excellente route, avec trafic léger, dans un décor féérique, de rizières en terrasse, de montagnes superbes, de musique harmonieuse, issue de petites rivières et chutes, de havres de paix et de méditation.
Sapa, région
des Dao rouges (avec ses femmes aux dents laquées de noir, au visage épilé, au turban écarlate) et des Hmong noirs ou indigo (avec ses femmes aux mains bleuies à force de teindre), nous invite à découvrir le pays, en vélo ou à pied vers les vallées de Cat Cat (village Hmong) et de Ta Phin (village Dao rouge). Occasion d'achat de textiles ethniques superbes.
Richard Bélisle
Guide, Vélo-Québec Voyages
Roulez au Vietnam avec nous du 18 septembre au 9 octobre 2010. Réservez
4 mars 2010 • Michel Coulombe
Mon premier Grand TourOn n’oublie jamais sa première fois. Le temps passe, le souvenir ne s’efface pas.
Prenez mon premier Grand Tour. Avant de me lancer, je me souviens avoir traversé une longue période « J’y vais, j’y vais pas . » Remarquez, je ne devais pas être le premier à hésiter avant de plonger. De l’extérieur, comment dire, cela me paraissait probablement trop beau pour être vrai. Je voulais bien être porté par l’énergie de deux mille cyclistes, mais je n’avais pas forcément envie de passer une semaine entière avec deux mille personnes grimpées sur ma selle. Quand on ne sait pas, c’est comme ça, on se raconte des histoires.
La première fois, donc, je m’en souviens très bien. Peut-être justement parce que je cherchais mes marques, j’ai mis beaucoup de temps à observer le Grand Toureur. Là, je dois dire, j’ai été épaté. Épaté par tous ces inconnus qui encourageaient et applaudissaient ceux qui fournissaient un effort supplémentaire pour se hisser au sommet d’une côte. Par toutes ces voix amicales qui faisaient remarquer à un cycliste tête-en-l’air, moi par exemple, qu’il serait grand temps de changer de plateau. Par tous ces mécanos en herbe qui se portaient au secours d’une crevaison. Par tous ces photographes amateurs branchés sur l’instant présent qui immortalisaient un moment de rien du tout. Par tous ces brûleurs de calories qui dévalisaient un dépanneur sans laisser au caissier le temps de se demander s’il avait bel et bien vu défiler 762 paires de cuissards en moins de deux heures. Par tous ces bons vivants qui se lançaient sur le 5 à 7 quotidien avec l’enthousiasme d’une caravane du désert qui viendrait de découvrir un oasis jusque-là inconnu des cartographes. Par tous ces cyclistes solidaires qui faisaient un accueil chaleureux aux derniers de la troupe lorsqu’ils arrivaient au village avec le balai à la tombée du jour.
Que dire encore des philosophes sur deux roues qui ne bronchaient pas quand il tombait quelques gouttes. Moi, par contre…
Pour être tout à fait honnête, sans quoi le tableau ne serait pas complet, je me suis aussi beaucoup amusé à observer les cyclos-pressés, le regard constamment rivé sur leur odomètre, toujours soucieux de préserver leur moyenne. Pour ma part, je préfère admirer le paysage. Chacun son truc.
Ce premier Grand Tour, donc, se démarque encore aujourd’hui de ceux qui l’ont suivi. Peut-être parce que je l’ai partagé avec un ado. Jonathan, treize ans. Le plus jeune participant cette année-là. Une expérience, comme on dit quand on ne veut pas en dire davantage... À cet âge-là, on ne se demande pas s’il aura l’énergie nécessaire pour rouler les cent kilomètres prévus au parcours. On se demande plutôt s’il saura s’arrêter pour souffler un peu quand il sera au bord de l’épuisement. Un matin, bien que très occupé à engouffrer son déjeuner (appelons ça la croissance), l’ado en apparence très au-dessus de ses affaires a jeté un œil sur le Déchaîné, le quotidien du Grand Tour. On y écrivait que les aînés du Grand Tour, Jérôme et Georgette, avaient plus de 70 ans. 75 et 76 ans, je crois, ou dans ces eaux-là. Jonathan a rapidement fait le calcul (c’est une de ses forces). Ces deux cyclistes étaient plus âgés que ses grands-parents! Beaucoup plus. Et ils roulaient toujours! À partir de ce moment, il n’a eu qu’un but : les trouver, les voir, les toucher. Il fallait voir sa fierté quand il m’a annoncé qu’il s’était fait photographier avec le duo de choc. Dix ans ont passé et c’est ce qui lui revient à l’esprit quand il évoque le Grand Tour. Ça et les déjeuners..
Et moi, là-dedans? Quelques années plus tard, j’ai refait le Grand Tour et je suis passé à la rédaction du Déchaîné en me disant que peut-être un matin quelqu’un... Mais ça, déjà, c’est une autre histoire…
Michel Coulombe
Roulez avec nous au Grand Tour, du 8 au 13 août 2010.
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