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Traversée du Canada 2010 : revenir de loin

Publié par le 3 mars 2011


Dans l’avion, la magie prend son envol. La vibration des moteurs donne le coup d’envoi à ce voyage, jusque là, imaginé. Welcome aboard! La fébrilité est au rendez-vous et peu à peu, j’apprends quelques prénoms. Nous sommes tous là pour le même défi : voler jusqu’à Vancouver pour revenir à la maison en vélo, rue Rachel, Montréal. Le cœur bat.

Une fois revenu, Vancouver semble si proche de Montréal. Entre les deux, la découverte est bien plus grande que la distance. Les yeux ont un regard différent. Le cœur bat plus fort et la légende s’ajoute au voyage. « J’ai réussi » résonne de toute ses forces dans mes trippes alors que la seule chose que j’arrive à laisser sortir à l’arrivée, sur le coin de la rue Rachel, est : « Magnifique! »

L’immensité des Montagnes

Il apparaît très tôt dans le voyage ce mot : magnifique. Dès les premiers jours, l’immensité des montagnes de la Colombie-Britannique donne le ton. Les vallées vous bercent. La beauté frappe en plein cœur. La puissance des montagnes fait lâcher-prise et vivre intensément le présent. Déjà, le cadeau que je me suis offert me transporte au-delà des nuages.

En Alberta, à la fin de cette première étape majestueuse, lorsque les montagnes deviennent une ligne sur l’horizon, mon cœur et mes yeux avaient gravés des souvenirs que je découvre encore aujourd’hui. Certains jours je roulais seul, d’autres non. J’avais appris tous les prénoms.

La vastitude des Prairies

J’ai redécouvert la Saskatchewan. Y passer à vélo n’a rien de comparable au même trajet fait en voiture. Sa vastitude laisse une empreinte de couleurs insoupçonné et inoubliable. L’intensité du vert, du jaune, du bleu du ciel, laisse doucement apparaître de longues et subtiles ondulations, des courbes sinueuses, sur une route tracée vers l’infini qui procure la sensation de rouler sur l’océan.

Cette vastitude fait suite au chemin entrepris par l’immensité des montagnes et je ressens au fond de moi la grandeur du monde, avant que le terrain plat du Manitoba ne s’allonge devant mes yeux. Le Manitoba fait ressortir le meilleur de soi et prend soin de rappeler qu’il s’agît ici, de beaucoup plus qu’un défi sportif. Et que dire du ciel du Manitoba? Magnifique! Les millions de tournesols le saluent. Certains jours je roulais seul, d’autres non. Chaque prénom avait un visage.

Les ondes du Nord de l’Ontario

Arrive le Nord de l’Ontario. On y redécouvre l’abondance de l’eau. Des lacs, des rivières et une mer intérieur : le lac Supérieur. De Kénora à Sault-Ste-Marie, la présence de l’eau est partout. Même la route est un ensemble de vagues sculptées sur un lit de roc, le bouclier canadien.

Sur cette route de vallons, le roc et l’eau côtoient d’innombrables inukshuk qui, en plus de vous dire « vous êtes sur la bonne voie », commence à vous faire prendre conscience du chemin parcouru. Certains jours je roulais seul, d’autres non. Chaque prénom était devenu un lien.

L’émergence du Sud de l’Ontario

À cette quatrième et dernière étape du voyage, lorsqu’on met le cap sur le Sud, il commence à émerger un sentiment paisible de calme et de sérénité. Ce qui n’empêche rien à la folie et à la réjouissance. Oui, parce qu’au cours d’un tel voyage, les réjouissances sont nombreuses! Rendu ici, bien que les paysages soient encore magnifiques, je pense à la baie Georgienne, aux lacs Huron et Ontario, l’intensité vient de l’intérieur. C’est ici que j’ai commencé à réaliser que le voyage transformait quelque chose en moi. Inexplicable, un sentiment profond.

Le dernier jour

J’imagine l’émotion que peut ressentir un coureur de 100 mètres, qu’on surnomme « le Dieu du stade », lorsqu’il lui reste quelques mètres à franchir avant de dire « J’ai réussi ». Je vois ces quelques mètres un peu comme la dernière journée de la Traversée. Entre Cornwall et Montréal je revivais d’un coup, en quelques heures, toute l’intensité du voyage. C’est comme si j’avais volé de Vancouver à Montréal. Magnifique! Ce dernier jour, j’ai compris que je ne roulerais plus jamais seul sur mon vélo. Au fond de moi, il y avait une nouvelle histoire.

C’était mon premier voyage à vélo. Le dernier jour j’ai roulé seul, en toile de fond, beaucoup plus que des prénoms. Le partage d’une expérience de vie dont l’unicité se retrouve dans la multiplicité des liens créés avec la nature, les paysages, les personnes rencontrées en cours de route et avec mes compagnons de voyages. La beauté du monde quoi!

Faire la Traversée du Canada à vélo c’est comme se raconter une histoire. Une belle histoire. Une histoire vécue. Et à travers ce voyage légendaire, vous seul saurez par où vous êtes passé.

Bon voyage!



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