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Japon, un jour pas comme les autres

Publié par Patrick Racine le 24 juillet 2015

7 h – mon horloge interne me réveille, je me cherche un peu, la chambre sent le bois et la céréale. En ouvrant les yeux, je suis à quelques centimètres du tatami, ce tapis japonais en paille de riz. Le futon sur lequel j’ai dormi est à ras le sol et je me surprends à sourire. Les images de mon voyage me reviennent en rafale et je me pince; je vis ce rêve au quotidien. Chaque matin m’apporte son lot d’émerveillement.
 
10 h – Kyoto, nous roulons dans le vieux quartier des geishas, un cuisinier haut perché sur ses geta, ces sandales en bois qui ressemblent à des bases de futons, prend une pause avant la frénésie qui l’attend. Le soleil nous promet une belle journée. À peine sorties de la ville, nous voilà à rouler à travers des champs de théiers aux formes sculpturales et taillées de frais.
 
12 h – nous finissons de grimper le mont Kenso, sur l’île de Shodoshima, quand soudainement la route est envahie par une colonie de singes macaques sortis de nulle part. Le spectacle est ahurissant, ils nous observent, aussi intrigués par nous que nous par eux! Quelques kilomètres plus loin, après une descente vertigineuse, on roule à travers des rizières étagées appelées Senmaida ou « les mille champs de riz ». L’odeur de céréale me remonte au nez et me rappelle que j’ai faim.

12 h 15 – au restaurant, on s’entasse dans un petit cubicule, à peine assis, notre serveuse qui marche à pas rapide, mais feutrés, comme pour nettoyer du même coup le plancher, se plie en excuses de nous avoir fait attendre, mille fois plutôt qu’une. Autour de la table, les fous rires s’entrechoquent les uns aux autres, pas facile de deviner ce que l’on commande seulement qu’avec les photos du menu, les textes en kanji et en hiraganas ne nous offrent aucune aide. Mais, les surprises culinaires sont toujours délicieuses au Japon.
 
14 h – il a plu un peu cette nuit, le vent du large nous amène une odeur de poisson et de poussière humide, nous empruntons le chapelet de ponts suspendus qui relient les six îles sur la route Shimanami. Sur les îles, on en profite pour traverser des petits villages de pêcheurs, villages presque toujours endormis. Ici, comme partout au Japon, des temples bouddhistes et des sanctuaires shinto (torii) décorent le littoral et rappellent les appartenances religieuses.
 
17 h – en arrivant à Hiroshima, toute la ville nous rappelle notre position par rapport à l’épicentre du désastre de la Seconde Guerre mondiale – l’explosion de la bombe atomique. C’est prenant… Cette ville a su se reconstruire de brillante façon, réunissant le passé et le présent. Le Japon est un pays moderne, aux liens tissés très serrés avec sa riche histoire.
 
21 h – Osaka s’illumine et dans l’effervescence de cette ville, on croirait presque que ce sont des lucioles qui s’enflamment, tout bouge, tout est plus grand que nature, c’est simplement féérique. Malgré le nombre de personnes qui y vivent et la frénésie de consommation, le Japon est d’une propreté exemplaire.
 
Mon horloge interne me rappelle que je viens de passer une journée bien remplie et que je devrais dormir, mais le film de la journée rejoue sans cesse et me berce par ses images. Je m’endors, impatient de voir le lendemain.
 
Le Japon évoque rarement une ballade à vélo, pourtant, c’est un des moyens les plus magnifiques pour découvrir ce pays enchanteur, dépaysant et inusité. C’est un voyage qui marque notre imaginaire longtemps après notre retour.
 

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